mardi 27 novembre 2007

CENT ANS D'ECOUTE ET DE CONTEMPLATION DU VERBE DE DIEU



" Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie, -
car la vie a été manifestée, et nous l’avons vue et nous lui rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée, -
ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ " ( 1 Jn 1,1-3 ).




CENT ANS D'ECOUTE ET DE CONTEMPLATION DU VERBE DE DIEU

lundi 26 novembre 2007

" ANNEE DE GRACE DU SEIGNEUR " ( Lc 4,19 )


Autre dimension, non moins importante que l'Action de grâce, c'est bien l'Année de grâce accordée de la part du Seigneur pour nos multiples manquements, ceux de nos dévanciers, nos Pères dans la foi ou même selon la chair. Eux qui, les premiers ont entendu le message du salut ou encore nous l'ont prêché et transmis comme une Parole véridique, Puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit ( Rm 1,16 ). Comme pour le Jubilé chrétien de l'an 2000, nous n'osons même pas lever nos fronts pour implorer le pardon de Dieu et Sa grâce pour qu'Il nous rende, de nouveau, dignes de sa miséricorde infinie. Comme le fils prodigue, nous nous abondonnons entre ses mains pour que son étreinte paternelle nous révèle combien Il est riche en miséricorde ( Cfr Jean-Paul II, Dives in misericordia ).

Que cette contrition nous accompagne tout au long de l'Année jubilaire et nous comble de l'indulgence plénière pour nos innombrables péchés dans le passé tout comme au présent. Cette purification de la mémoire est un travail en profondeur qui va de pair avec un amour et de solidarité qui nous lie les uns aux autres en vue d'une même espérance ( Cfr Bénoït XVI, " Spe Salvi ").

" JOUR DE FETE ET DE JOIE " ( Ps 118,24 )


" COMMENT RENDRAI-JE AU SEIGNEUR TOUS LES BIENFAITS QU'IL M'A FAIT?"

C'est par ces paroles du psalmiste que tout le Maï-Ndombe s'était donné rendez-vous à Inongo pour exprimer, jour pour jour, toute sa gratitude au Seigneur pour tant des bienfaits reçus de Lui. Chants d'action de grâce, cris de joie et pas de danse ont accompagné et rythmé, au son du tam-tam et de la guitare cette ovation et cette louange unanime des peuples ( Ps 23 ).
Les différentes délégations venues de loin ont chanté les merveilles de Dieu dans nos langues sur fond du génie culturel africain rappelant, si besoin en est, les exhortations pastorales du Concile vatican II sur l'activité missionnaire de l'Eglise ( Décret, Ad gentes ). L'Eglise puise dans les valeurs culturelles et la philosophie des peuples des éléments positifs pour sa croissance et son enracinement au coeur même de la vie et des réalités humaines, des aspirations des peuples, de leur histoire, et cela au fil du temps, des générations en générations...
Nul, mieux que le psalmiste ne saura, à notre place, à la fois exprimer cette joie et cette reconnaissance au Seigneur pour le don de la foi par la grâce du baptême et Son Esprit, répandu en nos coeurs, qui nous fait crier " ABBA ", " Père " (...).

samedi 24 novembre 2007

SOUVENIRS DU CENTENAIRE A INONGO


L'HERITAGE SPIRITUEL MISSIONNAIRE AU MAI-NDOMBE

Dans notre précédent message, nous avions longuement médité sur l'héritage spituel missionnaire dans notre Lac natal. L'Eucharistie d'ouverture solennelle de l'Année du Centenaire en fut, sans nul doute, le point d'ancrage en même temps qu'un signe de temps, un "kaïros" pour méditer, réfléchir et nous recentrer sur l'aboutissement prophétique de l'activité missionnaire chez nous, l'Annonce de la Bonne Nouvelle, la pratique ecclésiale, l'avenir de l'Eglise, les enjeux de la foi dans notre milieu, les différents appels de l'Esprit, les défis actuels (...).
Cent ans, c'est encore peu mais aussi un temps considérable au regard des attentes de notre peuple, de l'appel à la conversion, de la maturation de la foi et de la croissance des jeunes Eglises d'Afrique. Rien ne peut actuellement nous dispenser du devoir d'une évaluation sans complaisance de différents acquis de cent ans d'Evangélisation: personnel ecclésiastique, ressources ou moyens de la Mission, diverses options ou urgences pour l'avenir. Même si, et malgré des fruits positifs, on ne peut être satisfait en tout et pour tout; néanmois, la première évangélisation présente bien des aspects significatifs et des signes d'espoirs dont on doit se féliciter et qui nous pousse à avancer en eaux profondes ( cfr Jean-Paul, "Duc in altum" ).
Notre défi actuellement est de bâtir une Eglise adulte qui soit capable d'affronter sans peur aucune et sans hésitation l'avenir ayant à son horizon les différentes recommandations du Synode de 1994 pour l'Afrique dont essentiellement:

- la sanctification du peuple de Dieu par une Evangélisation en profondeur

- l'Inculturation de la Parole de Dieu et l'intégration de valeurs traditionnelles positives dans le Christianisme

- Les exigences de justice et de paix pour trouver voies et moyens face aux conflits armés récurrents dans le continent africain, soutenus par des lobbies financiers, avec leur cortège des malheurs: perte en vies humaines, déplacament des populations, ruine de l'économie de subsistence, pillage des richesses du continent, fuite de l'élite vers des cieux meilleurs. Mettre fin à la triste réalité d'une Afrique exsangue.

- Les moyens de communications sociales: nous vivons une ère nouvelle face aux technologies actuelles qui ne cessent d'accroître leur influence même dans des villages réculés. Il nous faut,comme dit Jean-Paul II, notre Saint Père de pieuse mémoire, évangéliser cet aréopage moderne et en faire l'instance de dialogue avec le monde actuel pour réduire le fossé entre l'Evangile et le monde, notre drame actuel comme a dit, jadis, Paul VI.

- Le dialogue avec d'autres religions ou confessions, notamment avec la religion traditionnelle pourrait bien éclairer certains points chauds voire mal posés de l'inculturation: la conception et l'exercice du pouvoir en Afrique, la conception et la pratique africaine de la maladie, les rites funéraires, les rites des jumeaux, les coutumes matrimoniales et leurs célébrations, etc. Dans la Pastorale d'ensemble, on pourrait bien être éclairé sur certaines pratiques traditionnelles qui, en soi, sont à évangéliser.
Une pastorale organique de multiples réalités et différents maux qui rongent encore l'Afrique, au niveau de chaque Eglise particulière et à travers tout le continent, voire jusque dans les îles adjacentes.

Le Diocèse d'Inongo s'approprie cet aggenda en ne se dérobant pas face aux urgences et réalités qui sont les siennes:

- l'Unité (Totonga lisanga) pour construire un nouveau monde par la puissance de la Parole de Dieu

- l'attention et le regard porté dans les différentes sphères de misère de notre peuple: Dieu s'est incarné plus précisément dans ses sphères d'anéantissement de l'homme pour nous sauver et pour qu'à notre tour, nous prenons le relais de Dieu pour sauver nos frères, parmi les plus souffrants

- la promotion humaine dans nos milieux consiste pour nous en un appel à travailler pour promouvoir ce qui élève l'homme et le transforme en acteur de développement à son tour

- Autre exigence, c'est bien la sauvegarde des biens de la création. En rendant la terre habitable et agréable pour tous comme un bienfait du Créateur, donné en héritage aux fils d'Adam; laquelle création attend de voir la révélation des fils de Dieu (Rm 8, 38), et d'être récapitulée et trouver son accomplissement total dans le Christ (Eph 1,20-23; 4, 15-16). Cette mystique écologique nous révèle cependant entre l'homme et les biens de la création un rapport qui ne soit plus aliénant de celui-ci vis-à-vis de ceux-là mais bien pour une relation dépouillée de tout égoïsme et un type de rapport nouveau qui en eux-mêmes sont de nature à garantir et à contribuer à rendre l'homme heureux ici sur terre, et partant, plutôt dépendant uniquement du Créateur (Cfr Jean-Paul II, Laborem exercens; lire aussi Mgr Nkiere Kena et Isabelle, La terre, Il a donné aux fils des hommes ). La cupidité de certaines multinationales saignent à blanc l'Afrique avec la complicité des nationaux plongeant le reste de la nation dans la misère la plus noire. La conscience de la destinée universelle des biens de la création, dans leur jouissance modérée et leur affectation juste, en appelle, si besoin en était, à la charité des nantis à l'endroit des démunis, des riches par rapport aux économiquement faibles ( Léon XIII, Rerum Novarum, Paul VI, Populorum Progressio, Jean-Paul II, Centessimus anno ).

Le Diocèse d'Inongo veut gagner le pari du deuxième centenaire par une nouvelle évangélisation qui atteint tout homme et tout l'homme et le transforme plus du dédans qu'extérieurement, non plus comme un simple vernis superficiel sans impact sur sa vie de foi, et partant entretenant des zones d'ombre où foi en Dieu et non croyance ( pratiques fétichistes, sorcellérie, superstitions, hantise des esprits maléfiques et magie ) font paradoxalement bon ménage.

ETUDIANTS INSCRITS POUR L'ANNEE ACADEMIQUE 2007 - 2008.-

NOMS ET PAROISSES D'ORIGINE

I. REGION PASTORALE / NORD

I.1. Paroisse Saint Etienne/PENZWA
- BOMPAKA BONKONDE Alphonse
- MPIA Albert

I.2. Paroisse Bienheureuse ANUARITE / IBAMBA
- IMUKA ngelo jean-Paul
- NSAMALO BANYUKA Alexis-Léon

II. REGION PASTORALE / EST

II.1. Paroisse Saint Camille / NKAW
- NKIMILI Henri
- NKIYOLA BOKAKAI Louis

II.2. Paroisse Notre Dame d'Assomption / TAKETA

- PAWELI NGOMA Bienvenu
- MPIZU LESAUYE Vincent

III. REGION PASTORALE / OUEST

III.1. Paroisse Sainte Thérèse / MAKAW
- MPIA MAYO Modeste
- BEMBOCK OVANGIEN Alfred

III.2. Paroisse Sacré-Coeur / SEMENDWA
- MOPAYA BALANDE Faustin
- MONSENGO MOTEYI Richard

Rentrée académique: 15 Décembre 2007
Date d'arrivée des Etudiants: à partir du 08 Décembre 2007, en la fête de l'Immaculée Conception

LISTE DES OFFICIALES REAMENAGEE


INSTITUT DE PASTORALE ET DE CATECHESE BIBLIQUE
MGR JAN VAN CAWELAERT
DIOCESE D’INONGO / R D C
E-mail: insticat_bi@yahoo.fr; tél. : 0811760341 ; 0815456994
Site web : insticatbi.blogspot.com


LISTE DES OFFICIALES

I. CONSEIL DE GESTION

1. Abbé Joseph BELEPE, Recteur
2. Abbé José MONSHENGWO, Econome diocésain
3. Abbé Robert MBUMBE, Curé de la Paroisse Saint Jean-Baptiste
4. Mlle Mélanie NZALI, Chargée de l'alphabétisation
5. Sr Marie Christine ANKUME, Chargée des Epouses des Etudiants
5. Sr Séraphine MPUTU, Chargée des questions juridiques
6. Animateur Pastoral Isidore BOLIKALA, Secrétaire Administratif
7. Assistant pastoral Faustin NDWALALA, Secrétaire comptable
8. Un représentant des Etudiants
II. CONSEIL ACADEMIQUE

1. Mgr Evariste MPUTU, Ecriture sainte
2. Abbé Donatien NSHOLE, Théologie sacramentaire
3. Abbé Albert KENKFUNI, Morale chrétienne
4. Mgr Jacques NZIR, Catéchèse en général
5. Prof Philippe MONSANGO, Pastorale catéchétique
6. Abbé Joseph BELEPE, Catéchèse biblique et sacrements d'initiation
7. Abbé Jean-Paul ISAY, Musique sacrée
8. Sr Séraphine MPUTU, Droit Canon
9. Abbé Jean-Marie NTESA, Spiritualité et Histoire de l'Eglise
10. Abbé André BOLAMPENDA, Méthodologie religieuse et psychologie pastorale
11. Sr Adolphine UMBA, Histoire de l'Eglise ( Evangélisation du Maï-Ndombe)
12. Mgr Jean BOLENGO, Liturgie et Histoire des implantations pastorales au Maï-Ndombe
13. Abbé Henri-Godé MBAW-MBAW, Informatique ( internet ) et Mariologie
14. Abbé Robert MBUMBE, Histoire de l'Eglise (Evangélisation du Congo)
15. Mgr André MONGO, Ecclésiologie et Missiologie
16. Assistant BOKO, Littérature française et anglaise
17. Sr Pélagie TANGAMU, Développement rural et management
18. Mlle Mélanie NZALI, Alphabétisation
19. Sr Marie-Christine ANKUME, Hygiène et santé publique
20. Sr Odette MASSAMBA, Gestion et Comptabilité ( informatique )
21. Dr Pascal NGARA, Atelier Foc et PNMLS
22. Sr Marie-Jeanne MBOKO, Vaccination et campagne préventive

III. PERSONNEL SOIGNANT

01. Cornélie NDWALALA, Chargée de l'infirmérie

samedi 17 novembre 2007

HERITAGE SPIRITUEL MISSIONNAIRE AU MAINDOMBE

L’EUCHARISTIE D’OUVERTURE SOLENNELLE DE L’ANNEE DU CENTENAIRE AU DIOCESE D’INONGO
L’HERITAGE SPIRITUEL MISSIONNAIRE.-

Introduction

Dimanche 14 octobre ‘07, le Peuple de Dieu qui est à Inongo s’est uni à son Pasteur, Père-Evêque et "Yaya"(Aîné) pour célébrer, dans l’allégresse et l’action de grâce, l’ouverture solennelle des festivités marquant le Jubilé de cent ans d’évangélisation du Mai-Ndombe, par les missionnaires du Cœur Immaculé de Marie, CICM, en sigle.

L’Eucharistie solennelle présidée par l’Ordinaire du lieu, en la personne de Son Excellence Mgr Philippe NKIERE KENA, en fut le moment capital et sans nul doute le couronnement même de cent ans d’efforts humains, de sacrifice, d’abnégation, de zèle et d’ardeur missionnaire, et bien davantage de conversion intérieure pour que la semence évangélique germe dans notre terre du Mai-Ndombe et porte d’abondants fruits.Nombreux furent, en effet, les participants à cette célébration eucharistiques : Prêtres, Religieuses et Religieux, Assistants pastoraux, Chrétiens laïcs, jeunes et vieux, venus de tous les coins du Diocèse, sans compter les différentes délégations venues de toute part dans le reste du pays. On y a noté la présence du Directeur adjoint du Cabinet présidentiel, de Leurs Excellences Mrs le Ministre de l’environnement et le Vice-Ministre de la Santé, tous deux originaires du Mai-Ndombe, le Gouverneur de la Province, le Directeur de l’Assemblée Provinciale de Bandundu, Sénateurs, Députés nationaux et provinciaux, Chefs coutumiers et toute leur cohorte ainsi que de nombreux ressortissants du Mai-Ndombe habitant Kinshasa et présents à Inongo pour la circonstance.
Du côté des Autorités ecclésiastiques, il y eut la présence remarquée de Son Excellence Mgr Laurent Monshengwo, Archévêque de Kisangani et Président de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, de Son Excellence Mgr Gaspard Mudiso, Evêque de Kenge et de Son Excellence Mgr Godéfroid Mukeng a Kalonda, Achévêque émerite de kananga et actuellement Président des Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM), Son Excellence Mgr Jean-Marie Bulamatari, Evêque auxiliaire dans l’Archidiocèse de Kinshasa et Représentant de la Province ecclésiastique de Kinshasa. Mgr Léon Lesambo, l’Evêque émérite d’Inongo avait également pris part à cette célébration eucharistique. Les 6 Prélats étaient entourés d’une quarantaine des prêtres dont le Père Laurent Mpongo, missionnaire de Scheut et ancien secrétaire de la commission épiscopale nationale pour l’Evangélisation.
La présence à cette Eucharistie solennelle, célébrée en « Rite romain pour les diocèses du Congo », d’un côté, de Mgr Laurent Monshengwo, et, de l’autre du Révérend Père Laurent Mpongo, tous deux, - on se souviendra dans les Années 80 -, les tenants, avec tant d’autres hautes personnalités de la Hiérarchie de notre Eglise locale du Congo, long processus de conception, d'analyse, d'expicitation, de synthèse et de concertation en vue de l'élaboration du rituel congolais de la Messe, - à l’époque, « Rite Zaïrois », s’est avéré providentielle et, en même temps qu’un « signe des temps », un « Kaïros » pour davantage réfléchir et méditer sur l’aboutissement prophétique de l’action missionnaire dans notre milieu, en particulier les efforts consentis de l’Episcopat congolais et de nos Communautés chrétiennes, mues par leurs pasteurs, pour l'affermisement et la maturation de la foi tout aussi bien que l'édification et la croissance de notre Eglise locale.

I. Bref aperçu du « Missel romain pour les Diocèses du Zaïre »[1]

D’entrée de jeu, il nous faut bien reconnaître qu’actuellement, dans notre pays et au sein de notre Eglise locale, en RD – Congo, les efforts d’inculturation du Message, et sur le plan liturgique, de la célébration eucharistique, ne se situeraient plus dans l’ordre des essais. Ceux-ci ont largement dépassé la sphère de la conceptualisation pour déjà s’épanouir en une liturgie véritablement africaine, « sincère et pleinement vécue ».[2] Bien qu’il s’agisse encore, sous sa forme libellée, que d’un « cadre africain » d’adaptation du Missel romain, - d’où, le titre « Missel romain de la messe pour les Diocèses du Zaïre » -, pour les esprits avertis, surtout, pour eux-mêmes les initiateurs de ce rituel, il sied néanmoins de s’en féliciter et d’en être fier car le projet de l’Episcopat congolais d’intégrer les valeurs culturelles africaines dans la liturgie et de les présenter comme le support de l’Action salvifique de Dieu s’y trouve nettement pris en compte[3]. Prétendre, en revanche que l’Episcopat congolais, dans ses efforts d’inculturation, n’a été capable que de danse relève tout simplement de la banalisation. Le Père Laurent Mpongo qui fut l’un des initiateurs du Projet – Messe congolaise et en tant qu’ « expert » de « première heure » nous en retrace, dans son ouvrage, les péripéties aussi bien que les efforts consentis par l’Episcopat congolais et soumis pour approbation au Saint-Siège afin de célébrer l’Eucharistie en intégrant des éléments ou certaines particularités puisés dans la culture africaine[4].

I.1. La Reforme liturgique du Concile Vatican II

Le projet congolais d’une liturgie authentiquement africaine n’est pas venu ex nihilo, donc de nulle part. L’Eglise aura certes profité de la reforme liturgique initié dans le sillage du Concile Vatican II. C’est dans un tel contexte et s’appuyant, comme l’affirme le P. Mpongo, des études du Père Dalmais que l’Episcopat congolais découvrit que « la liturgie est l’acte par excellence de l’Eglise, celui dans lequel elle exprime le plus parfaitement et vit intensément son mystère »[5]. La liturgie, en effet, selon l’esprit du Concile Vatican II, est le "sommet auquel tend l'action de l'Eglise, et en même temps la source d'où découle toute sa vertu"( Sacrosanctum concilium, n° 10). Toutes choses bien considérées, la célébration eucharistique inculturée au génie du peuple congolais se devait d’être partout un moment capital d’évangélisation et toute une pédagogie de la foi. Ceci se vérifiera dans les éléments culturels ci-après.

I.2. Apports culturels du rituel congolais de la Messe

La prise en compte des peuples et de leur culture est l’un des principes clés de la Nouvelle Evangélisation depuis Vatican II. Il n’y a plus moyen d’évangéliser un peuple dans l’optique de la « tabula rasa ». Le Pape Jean-Paul l’exprime autrement en ces termes : "une foi qui ne devient pas culture est uen foi qui n'est pas accueillie, fidèlement pensée, réfléchie et inculturée au génie du peuple".

I.2.1 La culture de l’Oralité

La place de la « Parole » a un impact réel dans les Liturgies africaines aujourd’hui. Les Assemblées de prière en Afrique accordent une importance capitale à la parole lorsqu’elle est dite ou prononcée à l’intention du groupe social. Les civilisations de l’oralité voient dans la Parole une dynamique qui implique à la fois celui qui parle et ceux qui l’écoutent. L’éminent liturgiste congolais François Kabasele définit la Parole comme une émanation du groupe social. Cela signifie qu’en Afrique, celui qui prend la parole publiquement, devant une assemblée, se prête à une tâche collective, jadis dévolue aux sages et aux anciens. C’est une parole qu’eux-mêmes ont empruntés aux Ancêtres et qui les fait communier à Dieu. Cette Parole dont Il a fait l’Instrument de sa Création.Dans la structure même du rituel congolais de la Messe, l’Evangile, la Bonne Nouvelle du Salut comme Parole de Dieu pour l’homme aujourd’hui, est une Parole vénérable. Celle-ci est portée et proclamée solennellement par le ministre de l’Evangile. Ce dernier y est introduit par un annonciateur qui, en dernière analyse conviera l’auditoire à l’écoute.
Dans le même ordre d’idée, pour favoriser le dialogue entre le célébrant principal et l’Assemblée de prière, le rituel congolais se caractérise entre autre par des « sonorités expressives » comme dans la préface en lingala : « totondo yo botondi ii iiiiiiii iii » (nous te rendons grâce,…)[6], ou encore par des « répétitions des mots » ou tournures rythmiques sous mode spiral. Ceci est typique pour la pensée africaine qui n’est pas discursive et linéaire mais plutôt cyclique procédant, comme l’écrit l’ex Abbé Kabasele François[7], par approfondissements successifs et progressifs. Ce genre de technique oratoire est également présent dans la culture sémitique. Nous trouvons une belle illustration dans la prière d’invocation des saints et dans le Psaume 136 :

1° Prière d’invocation africaine :

- Sainte Marie, Mère de Dieu
- sois avec nous
- Toi qui es la Mère de l’Eglise,
- Sois avec nous
- Viens, glorifions ensemble le Seigneur
- Sois avec tous ceux qui célèbrent la Messe à cette heure
- Sois avec nous, sois avec eux tous.

2° Cantique juif ( Ps 139)

- Où m’en aller, pour être loin de ton souffle ?
- Où m’enfuir pour être loin de ta face ?
- Je gravis les cieux, te voici !
- Je me couche aux enfers, te voilà !
- Je prends les ailes de l’aurore,
- Pour habiter au-delà des mers,
- Là encore, Ta main me conduit, Ta droite me soutient.

I.2.2. La Personnalité culturelle

Le rituel congolais de la Messe se trouve être par ailleurs l’une des « expressions originales » de l’absorption d’authentiques valeurs culturelles africaines bantoues dans le Christianisme. La Révélation qui est advenue dans l’histoire est tenue pour liée, comme à son principe, au Mystère d’incarnation, dans sa totalité. Nous voudrions préciser ici avec le Cardinal Paul Poupard qu’en effet, « la seule analogie de l’incarnation du Verbe ne suffit donc pas à exprimer l’inculturation, il faut, convient – il de le dire, y inclure le mystère du Verbe dans sa totalité d’incarnation, passion, mort et résurrection, avec la nécessaire conversion à laquelle il appelle »[8]. Cette exigence qui est inhérente, comme le souligne Mgr Laurent Monshengwo[9], à l’incarnation même du Message en terre et dans la culture africaine, l’Episcopat congolais en a fait, d’un côté, une option fondamentale pour l’intelligence plénière de la Révélation et, d’autre part, son fer de lance pour promouvoir, au nom de l’Evangile de l’amour et de la fraternité, une « Pastorale d’ensemble » qui ferait des Congolais un seul et même « Peuple de Dieu » à la fois dans leur culture et au nom de leur foi commune. A l’opposée des politiques de division et d’affrontement interethniques, les Evêques congolais s’étaient bien rendus des affinités culturelles existant entre différents peuples de l’Afrique centrale, en général et en particulier des Congolais[10].
D’où, l’une des préoccupations majeures des Dicastères romains, en plus de l’ « Unité substantielle du Rituel romain » à sauvegarder à tout prix, n’était rien d’autre que la concertation sinon l’unanimité au sein de l’Episcopat congolais en ce qui concerne le fond, la forme et la structure même du « Projet-Messe congolaise »[11]. C’est de cette façon que le Rituel soumis « ad experimentum » aura bénéficier de l’apport et des enrichissements mutuels des différents Diocèses qui eurent à l’expérimenter, notamment l’Archidiocèse de Kinshasa, le Diocèse de Tshumbe…[12]. Cette expression unanime de nos différents peuples face au Mystère chrétien est un indice sans conteste de leur « unité culturelle » tout aussi bien que de leur dynamisme. Dynamisme dans la foi et dans l’ouverture à l’autre, dynamisme également dans la façon de célébrer ensemble cette même foi selon cette double fidélité : « Lex orandi, lex credendi ».

II. L’HERITAGE SPIRITUEL MISSIONNAIRE

Avec la célébration le 14 Octobre dernier de cent ans d’évangélisation dans notre Diocèse, le Diocèse d’Inongo commémorait ainsi cent d’histoire de présence missionnaire dans notre Eglise locale depuis l’arrivée, en 1907, des premiers missionnaires ici à Inongo : nous avons cité ainsi les Révérends Pères Emile GEENS et Jules DENIS, pionniers de l’œuvre du Salut dans nos milieux et nos cultures. Cette œuvre ne s’est pas arrêtée à mi-chemin. Bien au contraire. A la première vague s’est ajoutée une autre équipe de vaillants missionnaires qui permirent de cette manière l’ouverture de deux autres paroisses, en plus de Saint Albert : Bokoro Sainte-Croix, en 1910, chez le peuple Sakata et en 1911, Ibeke Sainte Thérèse d’Avila, dans la contrée des Ekonda.
Les lectures choisies, à une pareille occasion, nous permirent, à nous tous, de tourner, en toute reconnaissance et pleins d’espérance une page de l’histoire de l’Evangélisation du Mai-Ndombe. La Parabole évangélique du Semeur nous permit de comprendre les différentes étapes de la croissance de la Parole annoncée puis accueillie en partant de la bonne ou mauvaise semence du grain tombé ou jetée en terre. De par le prédicateur de circonstance, Son Excellence Mgr Laurent Monshengwo, nous avions tous compris que la bonne ou la mauvaise fortune du grain semé ne dépend nullement du semeur, mais bien plutôt du milieu d’accueil, allusion faite ici au cœur de l’homme. Ainsi en est-il du résultat final : 1 pour 100, 1 pour 60 ou 1 pour 30 ( Cfr Math 13, 4-9. 18-23). La finale de la Parabole matthéenne est toute aussi interpellante : « Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende » (vv. 9 et 43 b.)

II.1. La Mission au Mai-Ndombe : les aléas de l’histoire

L’histoire de la Mission au Mai-Ndombe, œuvre de longue haleine entreprise par les Pères de l’Immaculé Cœur de Marie, n’est point un sujet nouveau. Nombreuses sont les publications à ce sujet. Qu’il nous suffise de citer à titre d’illustration les écrits des missionnaires eux-mêmes notamment les « Soirées de saint Broussebourg » du Révérend Père Hugo Rombauts, Mbomb’Ipoku, le Seigneur des abîmes du Père Nestor Van Everbroek ainsi que son ouvrage consacré aux Ekonda et à leur organisation socio-politique, « Magie et religion chez les Basakata » du Père Jules Denis et tant d’autres écrits des autochtones du Mai-Ndombe[13], en guise d’hommage à cette génération inégalée des Messagers de la Bonne Nouvelle chez nous. C’est là l’intérêt manifeste des travaux de recherche ou simplement des études récentes pour mieux nous permettre de nous mettre sur les pas de nos dévanciers.

II.1.1. le chemin vers Wombali

L’Evangélisation du Mai-Ndombe fut d’abord l’œuvre des autochtones du Lac eux-mêmes. En effet, las du regime oppressif de caoutchou, bon nombre des indigènes de la partie Nord du Lac ont fui en masse leurs villages pour se diriger vers Wombali. C’est là que pour leur première fois, ils entreront en contact avec l’Evangile du Christ par l’entremise des missionnaires jésuites.
Créé en 1902 après Kisantu, Wombali est la toute première circonscription ecclésiastique dans le Vicariat apostolique de Kwango-Kwilu. C’est là que les Jésuites organisent le catéchuménat pour les contrées environnantes. Ceux du Lac viendront effectivement de très loin, vu la distance à parcourir. En effet, c’est après plusieurs jours des ramées que les populations venant d’Inongo arrivent à destination. Pour ceux du Lac précisément, ils avainet à tracerser tout d’abord le Lac d’un bout à l’autre, ensuite descendre la Mfimi jusqu’à Mushie, et enfin,à partir de Mushie, remonter le Kasaï pour espérer arriver à Wombali. Le désir ardent de vivre pleinement sa dignité d’homme créé à l’image de Dieu l’avait emporté, du côté des néophytes du Lac, sur la fatique et la lassitude dues à des nuits sans sommeil et des journées sans repos d’un si long voyage. Les autochtones du Lac confirmeront par leur endurance, comme dit Saint Augustin, les dispositions naturellement chrétiennes de l’« âme africaine » ( « anima naturaliter christriana »). DOSSIER A SUIVRE (…).-


[1] Pour des raisons de convenance, nous nous en tiendrons à l’ancienne appellation pour des documents officiels. Ainsi en est-il du présent document : C.E.Z, Présentation de la liturgie de la messe. Supplément au Missel romain pour les Diocèses du Zaïre, Kinshasa, 1989.-
[2] Presbyterorum ordinis, n° 6. Ce numéro du décret conciliaire est repris dans le document de l’Episcopat sur la présentation du rituel de la messe pour les Diocèses de la RD- Congo.-
[3] Cfr C.E.Z, Présentation de la liturgie de la messe…, p. 8.-
[4] MPONGO L., L’Eucharistie chrétienne en République Démocratique du Congo. Apports culturels et théologiques (Collect. L’Eglise demain 14), Editions l’Epiphanie, Kinshasa – Limete, 1999, p. 5.-
[5] Actes de la VI ème Assemblée plénière de l’Episcopat du Congo, Léopoldville, Editions du Secrétariat général, 1961, p. 189, cité par MPONGO L., Op. Cit., p. 11.-
[6] MPONGO L., Op. Cit., p. 36.-
[7] Cfr MPONGO L., Op. Cit., p. 36; lire aussi KABASELE LUMBALA F., Catéchiser en Afrique Aujourd’hui, Kinshasa, Baobab, 1995, p. 18.-
[8] POUPARD P., L’Eglise au défi des cultures. Inculturation et évangélisation, Paris, Desclée, 1989, p. 44 - 45.-
[9] Cfr MONSHENGWO PASINYA L., Inculturation du Message à l’exemple du Zaïre, Kinshasa, 1979, p.
[10] Cfr MPONGO L., Op. Cit., p. 42
[11] Ibidem, p. 23
[12] Ibidem, p. 25
[13] Lire avec profit Mgr MONSHENGWO L. et MPOTO B., Mgr Jan Van Cauwelaert, pasteur et visionnaire, Belgique, Cepess, 1999, 202 p.-, MBU MPUTU N., Cent ans d’évangélisation du Mai-Ndombe ( Diocèse d’Inongo) par les Pères de Scheut, Kinshasa, Ed. du jour nouveau, 1998, 99 p.-, Sr UMBA LENDO A., Evangélisation du District du Lac Léopold II (Mai-Ndombe) par les Pères du Cœur immaculé de Marie (Scheutistes) 1906 – 1960, Travail de fin d’études, Kinshasa, 1978, 81p., Inédit.-