mardi 15 décembre 2009
jeudi 10 décembre 2009
ENCORE DES RECITS DU NAUFFRAGE DU 25 NOV. AU LAC
Les familles frappées par la disparition au Lac de leurs proches ainsi que les amis et leurs connaisances continuent à vivre encore, au fil des jours, dans la douleur de ces évènements malheureux. leurs récits émouvants n'en finissent pas de défrayer la chronique. En effet, rien n'est encore totalement digéré.
En Afrique, il y a l'étape des pleurs déchirants et du deuil suivie immédiatement des funérailles; vient ensuite l'étape des pourparlers autour de la vie et de l'après-vie pour le(s) défunt(s) ayant laissé une descendance derrière soi. Les vivants restés en vie s'organisent à tout remettre en ordre: dettes, partage de l'héritage, le sort de la veuve et des orphélins, témoignages écrits ou oraux. Si c'est un fonctionnaire de l'Etat, sa situation salariale...; dans le cas d'un homme décédé loin de son village natal, ses proches s'organisent pour ramenenr sa dépouille dans son village Autant d'exigences accopmies dans le but de sortir les membres de famille dans le thraumatisme psychologique au moment, pendant et parès le deuil. Danses et autres rites funéraires interviennent après 40 jours voire davantage pour faciliter le voyage du défunt et le faire aboutir jusqu'auprès des Ancêtres. L'individu ainsi parti n'est plus considéré à proprement parlé comme un mort. Son souvenir ne quittera plus jamais les vivants. Disons mieux, il est parti mais vit toutefois parmi les siens; ses proches continuent ce qu'il n'a pu achever avant sa mort. Il vit désormais dans sa progéniture. Pour beaucoup de spécialistes de la culture africaine, le plus à craindre pour un africain, ce n'est point la mort; mais plutôt le fait de mourir sans laisser de descandance...
Les nauffragés du Lac, même s'ils n'ont pas bénéficié des funérailles en bonne et due forme, chaque famille s'est organisée, en ne laissant rien au hasard pour porter le deuil de leurs proches. Dès l'annonce de la catasthrophe, beaucoup sont accourus vers le beach en quête de la moindre nouvelle sur les causes de l'accident, le nombre des rescapés, le nombre des morts, les premières statistiques, tout un temps de psychose, de nervosité et de traumatisme passé dans l'incertitude la plus totale. Des secours se sont organisés ainsi qu'une chaîne ininterropmue de prise en charge des certains cas sociaux et d'assisance générale pour ne pas trop verser dans l'absurde et le désespoir. Il fallait donc pleurer avec ceux qui pleurent! Vivre ce temps comme un garnd défi d'amour, de charité, de compassion, d'humanité et de respect pour la vie. Une fois les rescapés mis hors de danger et pris en charge pour ne pas succomber dans le désespoir et la tristesse, la Croix rouge d'Inongo s'est distinguée par son empressement à ne pas trop laisser passer le temps. Donc, passer à l'essentiel, sortir des tergiversations politiciennes ou chercher les corps des nauffragés afin de procéder à leurs inhumation. Sans moyens appropriés, le peronnel de la Croix rouge a eu néanmoins recours aux moyens modernes disponibles: téléphones, relais des communiqués et des nouvelles vraies par les radio périphériques d'Inongo ( Radio Digital et Radio Liberté ). Chapeau bas à nos braves de la Croix rouge! Ils méritent en effet d'être décorés.
Certains morts ont été bel et bien enterrés par leurs membres de familles. ces derniers se sont mis résolument à leur recherche. Ils ont tout fait pour les récupérer malgré leur état et parfois défigurés ou méconnaissables. Des cérémonies à la va-vite ont été organisées pour d'ultimes adieux. Leurs veuves et orphélins ont été conduits dans leurs villages d'origine. La solidarité africaine a été au rendez-vous. Jamais âme noire africaine n'avait aussi vibré jusqu'aux fines fibres de l'être qu'en ce moment de détresse généralisée.
Aujourd'hui encore, chaque famille porte son deuil dans la douleur et l'amertume. Nul ne pourra plus refermer ni retourner cette nouvelle page ouverte dans la vie quotidienne ici à Inongo. Bientôt ça sera de l'histoire, seul moment où tout pourra enfin se digérer. C'est comme cela que parfois dans la vie, ne dit-on pas souvent qu'"il faut donner du temps au temps".
" Lux aeterna, dona eis pacem, Domine !" !
" Requiescant in pacem!"
Abbé Jef B.-
En Afrique, il y a l'étape des pleurs déchirants et du deuil suivie immédiatement des funérailles; vient ensuite l'étape des pourparlers autour de la vie et de l'après-vie pour le(s) défunt(s) ayant laissé une descendance derrière soi. Les vivants restés en vie s'organisent à tout remettre en ordre: dettes, partage de l'héritage, le sort de la veuve et des orphélins, témoignages écrits ou oraux. Si c'est un fonctionnaire de l'Etat, sa situation salariale...; dans le cas d'un homme décédé loin de son village natal, ses proches s'organisent pour ramenenr sa dépouille dans son village Autant d'exigences accopmies dans le but de sortir les membres de famille dans le thraumatisme psychologique au moment, pendant et parès le deuil. Danses et autres rites funéraires interviennent après 40 jours voire davantage pour faciliter le voyage du défunt et le faire aboutir jusqu'auprès des Ancêtres. L'individu ainsi parti n'est plus considéré à proprement parlé comme un mort. Son souvenir ne quittera plus jamais les vivants. Disons mieux, il est parti mais vit toutefois parmi les siens; ses proches continuent ce qu'il n'a pu achever avant sa mort. Il vit désormais dans sa progéniture. Pour beaucoup de spécialistes de la culture africaine, le plus à craindre pour un africain, ce n'est point la mort; mais plutôt le fait de mourir sans laisser de descandance...
Les nauffragés du Lac, même s'ils n'ont pas bénéficié des funérailles en bonne et due forme, chaque famille s'est organisée, en ne laissant rien au hasard pour porter le deuil de leurs proches. Dès l'annonce de la catasthrophe, beaucoup sont accourus vers le beach en quête de la moindre nouvelle sur les causes de l'accident, le nombre des rescapés, le nombre des morts, les premières statistiques, tout un temps de psychose, de nervosité et de traumatisme passé dans l'incertitude la plus totale. Des secours se sont organisés ainsi qu'une chaîne ininterropmue de prise en charge des certains cas sociaux et d'assisance générale pour ne pas trop verser dans l'absurde et le désespoir. Il fallait donc pleurer avec ceux qui pleurent! Vivre ce temps comme un garnd défi d'amour, de charité, de compassion, d'humanité et de respect pour la vie. Une fois les rescapés mis hors de danger et pris en charge pour ne pas succomber dans le désespoir et la tristesse, la Croix rouge d'Inongo s'est distinguée par son empressement à ne pas trop laisser passer le temps. Donc, passer à l'essentiel, sortir des tergiversations politiciennes ou chercher les corps des nauffragés afin de procéder à leurs inhumation. Sans moyens appropriés, le peronnel de la Croix rouge a eu néanmoins recours aux moyens modernes disponibles: téléphones, relais des communiqués et des nouvelles vraies par les radio périphériques d'Inongo ( Radio Digital et Radio Liberté ). Chapeau bas à nos braves de la Croix rouge! Ils méritent en effet d'être décorés.
Certains morts ont été bel et bien enterrés par leurs membres de familles. ces derniers se sont mis résolument à leur recherche. Ils ont tout fait pour les récupérer malgré leur état et parfois défigurés ou méconnaissables. Des cérémonies à la va-vite ont été organisées pour d'ultimes adieux. Leurs veuves et orphélins ont été conduits dans leurs villages d'origine. La solidarité africaine a été au rendez-vous. Jamais âme noire africaine n'avait aussi vibré jusqu'aux fines fibres de l'être qu'en ce moment de détresse généralisée.
Aujourd'hui encore, chaque famille porte son deuil dans la douleur et l'amertume. Nul ne pourra plus refermer ni retourner cette nouvelle page ouverte dans la vie quotidienne ici à Inongo. Bientôt ça sera de l'histoire, seul moment où tout pourra enfin se digérer. C'est comme cela que parfois dans la vie, ne dit-on pas souvent qu'"il faut donner du temps au temps".
" Lux aeterna, dona eis pacem, Domine !" !
" Requiescant in pacem!"
Abbé Jef B.-
lundi 7 décembre 2009
mercredi 2 décembre 2009
LE NAUFFRAGE AU LAC. DES TEMOIGNAGES INEDITS
Le récit du nauffrage de plus de 150 personnes, mercredi passé 25 Novembre 2009, au Lac Mai - Ndombe, n'a pas encore touché à son épilogue. Cette catastrophe inoubliable continue encore de défrayer la chronique allant de simples commentaires aux témoignages les plus inédits. Des témoins occulaires de l'évènement, eux-mêmes miraculeusement sauvés des eaux tumultueuses comme Moïse, racontent encore. A leur récit bouleversant s'ajoutent les témoignage poignants des secouristes qui ont été sur le lieu de l'accident pour chercher les corps flottant dans toutes les directions.
- Mr I.B, secouriste, raconte: " Malgré les gants et le masque qui faisaient partie de notre équipement, nous avons ramassé beaucoup de corps dans un état de putréfaction très avancée. Il faut avoir du coeur pour oser les prendre à deux bras et mettre dans la coque. A première vue des cadavres, on craque! Dieu merci, et une courte prière, j'ai vaincu ma peur".
- Mr N. J, secouriste: " Au lever du soleil, je suis précipité avec ma pirogue au lieu du sinistre. En plein Lac, je croise une jeune fille frissonnant de froid et ayant pour boué de sauvetage une tout petite blanche de 50/5 cm, le reste d'un lit en bois d'un autre voyageur réduit en pièces par la violence des vagues. Toute la nuit, elle s'y était accrochée comme à une planche de salut".
- Mr R. M.: " je tenais mon bébé entre mes bras. les vagues et les vents me l'ont arraché. je cours secouru ma femme. On s'accroche à une grume. Lorsque ma femme apprend que le bébé a été emporté par les flots en furie, elle sombre encore plus dans le désespoir. Elle finit par craquer...; elle n'a plus la force psychologique nécessaire pour tenir bon. Elle lache prise malgré mes remontrances. A 23 H 00, elle me dit qu'ellle n'en peut plus. Elle ne fournit plus aucun effort... C'était l'adieu!".
- Mr G. I, un privé: " Nous avons pris une embarcation en bois pour aller prendre le corps de notre nièce et son époux parmi les cadavres repêchés par les pêcheurs à Isenge y'angamba ( 25 Km d'Inongo ). Défigurée, elle était méconnaissable. Malgré les détails donnés pour la reconnaître ( tresses, habits portés ), nous avions hésité. Nous avions poursuivi les recherches dans toutes les direction, en vain. Revenus bredouilles sur le banc de sable d'isenge y'angamba, nous apprenons que tous les cadavres ont été emportés à Inongo par les secouristes. Nos frères restés à Inongo l'avaient reconnue parmi les nombreuses dépouiles amenées et l'avaient directement enterrée. Nous ne la reverrons plus. Quel stress...!".
- Mme A.B, rescapée: " Quand tout a commencé, je suis montée avec mon bébé de 8 mois dans le pousseur. L'homme qui m'a aidé à me sauver avec mon bébé, je ne l'ai plus reconnu après l'accident. a-t-il pu se sauver aussi? Je ne saurai le dire. Mais lui m'a sauvée la vie avec l'enfant. J'espère qu'il est aussi en vie. Que Dieu soit loué quoi qu'il lui arrive!".
- Un groupe des pêcheurs aux secouristes: " Nous avions vu beaucoup d'autres corps une vingtaine au total, qui flottaient non loin de notre village ici ( donc, de l'autre côté de la rive, où s'est passé l'accident, vers Lokanga ). Nous avions en vain appelé des secouristes pour les repêcher. les secours sont arrivés en grand retard. Avec le lever du soleil, beaucoup de cadavres ont eclaté par le ventre et sont descendus au fond des eaux, donc, irrécupérables".
- Les pêcheurs de Isenge y'angamba: " nous avions choisi de déposer tous les cadavres repêchés sous le manguier. Nous avions entouré l'endroit d'une ceinture pour le protéger. Nous avons les statistiques puisqu'on ls comptait tous avant qu'ils ne soient amenés à Inongo".
- Un chrétien de la paroisse Saint de Likwangola/Inongo: " Quand Mgr l'Evêque nous a lancé un appel pathétique, à la radio, en pleine nuit au-delà de 22 h 00, pour aller accueillir et enterrer les cadavres que les secouristes ont ramenés, nous sommes tous descendus au port et nous avons travaillé jusqu'au matin tellement le travail était important. beaucoup de jeunes d'Inongo avaient répondu à cet appel. Les uns pour transporter les cadavres et les préparer à l'enterrement; les autres pour crever des tombes".
- Une maman d'Inongo: " Nous avons reçu le communiqué de la Démoiselle Ndongo pour jouer notre rôle de mamans vis-à-vis des rescapés. C'est nous qui donnons la vie, l'entretenons et la conservons. C'est toujours nous qui souffrons plus lorsque celle-ci s'en trouve menacée ou abandonnée. C'est notre rôle de sauver la vie. Nous ne pouvons pas ne pas répondre...".
- Un jeune d'Inongo: " Au cimétière, Hydro ( un commerçant d'Inongo ), avait mis son groupe électrogène et éclairé le cimétière toute la nuit pour nous permettre de travailler pendant que de l'autre côté, a beach, le travail des secouristes continuaient de plus bel. Nous nous sommes relayés en pleine nuit, jusqu'à l'aube. Et nous sommes prêts à répondre à tout appel puisque le travail, semblerait-il, n'est pas encore fini.".
A SUIVRE...
A. Joseph BELEPE.-
lundi 30 novembre 2009
SAUVONS DES VIES HUMAINES AU LAC!
La population toute entière du District du Mai-Ndombe est de plus en plus lasse des évènements malheureux qui constituent le lot quotidien de son existence. Tel est un milieu sinistré, le Lac fait de plus en plus parlé de lui. Les accidents de navigation deviennent monnaie courante chez nous. Les morts par noyade ne se comptent plus; la population vit désormais dans la peur de ces évènements malheureux. Nous avons, en effet, des familles entières brisées par la disparition d'un être cher; des enfants devenus orphélins après le décès inopiné d'un des parents ou encore des voyageurs spoliés de leurs produits après un accident où l'on ne récupère rien sinon ce qui vous reste d'essentiel, la vie. Trop c'est trop! beaucoup de personnes avisées montent au créneau pour dénoncer l'irresponsabilité de nos dirigeants et la démission de l'Etat et du gouvernement comme garant de l'intégrité territoriale et de la libre circulation des personnes et de leurs biens. Au lac, les gens peinent à se mouvoir, faute des moyens de transport sûr. Le Lac Mai-Ndombe, vestige de l'ancienne mer intérieure, est réputé pour l'impétuosité de ses vagues et la violence de ses vents contraires. la navigation au Lac devient une question de maîtrise du ciel. Aucune station de contrôle météorologique au lac. Aucune balise de signalisation ou de prévention de tempête. Il est grand temps qu'on modernise des installations méteorogiques pour le bien des voyageurs. De cela dépend le développement de tout le Mai-Ndombe.
Abbé J. BELEPE.-
Abbé J. BELEPE.-
lundi 19 octobre 2009
VISITE A NOS ECCLESIASTIQUES MALADES A KINSHASA
Quand on arrive à Kinshasa, entre autres choses qui vous frappent du coup, c'est la joie et le bonheur de se revoir surtout avec nos confrères prêtres ou autres ecclésiastiques, originaires du Mai - Ndombe, mais malades dans leur état. Nous avions éprouvé cete sensation tout d'abord auprès de l'Abbé nzengeri à la maison Ndolo, la maison diocésaine d'inongo se trouvant dans le quartier Ndolo de la Commune de barumbu à kinshasa; ensuite auprès de l'abbé Christian Masofete, en repos dans la Maison Siméon, une sorte d'auspice des vieillards pour les C.I.C.M ou Pères de scheut se rouvant dans la Commune de la Gombe, près de la paroisse Notre Dame de fatima. Dans les entrefaites de retrouvailles, la joie est au comble lorsqu'on évoque les souvenirs du Lac. Bien que malades,- ou même très malades -, on est nettement impressionné par l'optimisme affiché de la part de nos confrères. Pour les esprits faibles, leur état de santé peut bien vous faire fondre en larmes. Qui l'eût cru, par exemple, qu'un Abbé Christian, malgré sa masse, serait terrassé par la maladie ou encore l'abbé Nzengeri, toujours souriant et provocateur, serait incapable de parole comme un enfant, - en latin -, "infari". Autant des motifs qui nous renvoeint encore aux belles paroles de l'Ecriture: "vanité des vanités..." l'attitude. Du côté de nos religieuses de l'immaculée, c'est la même réalité, le même spectacle! Comment ne pas admirer le travail fait avec amour et devouement de nos responsables ou procureurs de maison? Comment ne pas lire, à travers leur sacrifice l'attitude compatissante même du christ auprès de celui ou ceux qu'il aime ( Crr Jn 11,3 )?
Le séjour à kinshasa devient comme un impératif et non seulement une occasion pour apporter le sourire à nos malades; ils en ont tout autant besoin que de toute autre thérapie. C'est même la seule manière de considérer leur vie tout aussi bien que leur guérison comme un don gratuit de la part du Seigneur. Devant l'absurde même de notre monde et de toutes ces réalités, autant s'en remettre à la providence de Dieu, notre salut.
Abbé Joseph Belepe, en séjour à Kinshasa.-
Le séjour à kinshasa devient comme un impératif et non seulement une occasion pour apporter le sourire à nos malades; ils en ont tout autant besoin que de toute autre thérapie. C'est même la seule manière de considérer leur vie tout aussi bien que leur guérison comme un don gratuit de la part du Seigneur. Devant l'absurde même de notre monde et de toutes ces réalités, autant s'en remettre à la providence de Dieu, notre salut.
Abbé Joseph Belepe, en séjour à Kinshasa.-
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